La désinformation ne touche que ceux qui veulent y croire

En période électorale les rumeurs et la désinformation sont légions, comme le montrent ces photos circulant sur l’internet de Sarah Palin brandissant un fusil en portant un bikini au couleur du drapeau américain ou celle de Barack Obama portant sermant la main posée sur le Coran. Ces images fabriquées circulent alors à toute allure. Pour les démythifier, on pense souvent qu’une bonne information est l’antidote à la désinformation…

Mais ce n’est pas si vrai. Dans bien des cas, la désinformation peut exercer une influence fantomatique sur l’esprit des gens, même après avoir été démystifiée et même parmi les gens qui la considèrent comme de la désinformation. Dans de nombreux cas, corriger la désinformation sert à augmenter la puissance de la mauvaise information. Et de faire référence aux travaux du politologue John Bullock à Yale qui a montré que la désinformation fonctionnait principalement auprès des gens qui avaient une opinion préexistante et qui sont alors plus réceptifs à une insertion qu’à l’autre. Selon que vous êtes républicains ou démocrates, vous allez mieux retenir l’image truquée de Barack Obama ou celle de Sarah Palin.

Pire en apportant une réfutation, bien souvent on ne change pas d’opinion, mais on la conforte. Les politologues Brendan Nyhan et Jason Reifler ont montré à deux groupes de volontaires des documents provenant de l’administration Bush et montrant que l’Irak possédait des armes de destruction massive. L’un des groupes à reçu une réfutation, via le rapport Duelfer qui concluait que l’Irak n’avait pas eu d’armes de destruction massive avant l’invasion américaine de 2003. 34 % des conservateurs qui n’ont pas lu la réfutation pensaient que l’Irak avait caché ou détruit ses armes avant l’invasion américaine, mais 64 % des conservateurs qui avaient eu accès à la réfutation pensaient que l’Irak avait vraiment des armes de destruction massive… La réfutation fait parfois pire que la désinformation ! Nyhan et Reifler estiment que les républicains pourraient être plus sujets à l’effet inverse en cas de réfutation, du fait de leurs vues plus “rigides” que les libéraux”. Il est plus difficile pour eux de revenir sur ce qu’ils ont cru. “Il est absolument menaçant d’admettre qu’on a eu tort” reconnaissait déjà le politologue Brendan Nyhan. Les gens changent rarement d’avis, même devant l’évidence des faits. Au contraire, l’information, même contraire à ce qu’ils pensent, les pousse dans les retranchements de leurs convictions.

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